Reprise du trafic ferroviaire à l’ONATRA : après 30 ans d’abandon, Martin Lukusa ressuscite la ligne Kinshasa-Matadi

C’est un tournant historique pour les transports en République démocratique du Congo. Après plus de trois décennies de léthargie, de solutions de fortune et de dégradation continue, le mythique chemin de fer Kinshasa-Matadi subit une cure de jouvence sans précédent. Initié en mai 2026 sous l’impulsion de Martin Lukusa Cibangu Panu, directeur général de l’Office national des transports (ONATRA), ce chantier titanesque redéfinit l’avenir logistique du pays. Des travaux de terrassement à Masina jusqu’aux coulées de béton armé au point kilométrique 269, le rail congolais se modernise pour répondre aux exigences du XXIᵉ siècle et reconnecter durablement la capitale au principal poumon maritime de la nation.

La fin de l’ère du provisoire

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Pendant plus de 30 ans, l’axe ferroviaire Kinshasa-Matadi a survécu grâce au système D. Faute de réhabilitations structurelles d’envergure, le réseau s’est progressivement dégradé, obligeant les équipes techniques à multiplier les interventions de fortune. Des ponts en bois et des structures métalliques obsolètes servaient de pansements sur une infrastructure à bout de souffle, limitant drastiquement la vitesse, la sécurité et la capacité de charge des convois.

Cette époque est désormais révolue. Depuis le lancement des travaux en mai 2026, la nouvelle direction de l’ONATRA a imposé un changement radical de paradigme. L’objectif n’est plus de réparer à la hâte, mais de rebâtir pour l’avenir. La dynamique actuelle vise à éradiquer méthodiquement ces installations temporaires pour les remplacer par des infrastructures modernes, capables de supporter le flux croissant des marchandises et des passagers.

Une modernisation technique de pointe

Le cœur de cette transformation repose sur un choix stratégique majeur : la transition vers le béton armé. Sur l’ensemble du tracé, les anciens ouvrages d’art en bois et les structures métalliques fatiguées cèdent la place à des constructions robustes et pérennes. Ce virage technologique garantit une résistance accrue face aux intempéries et réduit considérablement les coûts de maintenance à long terme.

Sur le terrain, les chantiers progressent à un rythme soutenu. Au point kilométrique PK 269+658, véritable point névralgique du réseau, les ingénieurs s’activent. Les rapports techniques du 27 août 2026 témoignent de la complexité et de la rigueur des opérations :

  • le ferraillage minutieux du voile du mur en L ;
  • le coffrage de précision des structures ;
  • le bétonnage massif du voile, assurant la stabilisation définitive des voies.

Parallèlement, la bataille contre les éléments se joue également dans la zone urbaine de Masina. Ici, les équipes de l’ONATRA mènent de vastes travaux de terrassement et construisent de nouveaux réseaux de caniveaux. L’enjeu est crucial : optimiser l’évacuation des eaux de ruissellement pour empêcher l’érosion des sols et préserver durablement l’emprise ferroviaire contre les inondations récurrentes.

Préparer la RDC de demain

La vision de Martin Lukusa Cibangu Panu ne se limite pas à la résolution des crises immédiates. Elle pose les bases de la future expansion économique de la région. L’une des mesures les plus audacieuses de ce grand chantier est l’élargissement de la plateforme ferroviaire, prévue pour atteindre jusqu’à 15 mètres de large.

Pourquoi un tel gabarit ? Pour anticiper l’avenir. En sécurisant une emprise au sol aussi vaste, l’Office national des transports préserve la possibilité technique d’aménager ultérieurement une deuxième voie ferrée. Lorsque le volume du commerce intérieur et les investissements futurs l’exigeront, le réseau pourra doubler sa capacité sans subir de blocages fonciers ou structurels.

Martin Lukusa insuffle un leadership pragmatique

Derrière cette métamorphose se trouve une méthode managériale rigoureuse incarnée par le directeur général de l’ONATRA. En circulant constamment de Masina jusqu’aux confins du Kongo-Central, Martin Lukusa démontre un engagement de chaque instant pour la réussite de ce projet national.

En orchestrant simultanément la réfection des voies, la modernisation des ouvrages d’art, l’assainissement des sols et la sécurisation des emprises, le patron de l’ONATRA entend inscrire la relance du rail congolais dans une dynamique concrète et durable.

Ce renouveau du chemin de fer Kinshasa-Matadi s’inscrit ainsi au cœur des ambitions de modernisation des transports en République démocratique du Congo, avec l’objectif de fluidifier les échanges et de renforcer, à terme, la capacité logistique de l’économie nationale.

Le JUGE

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