À l’Office national des transports (ONATRA SA), le climat social connaît de nouvelles tensions. Alors que la relance de cette entreprise publique constitue un enjeu majeur pour le secteur des transports en République démocratique du Congo, une divergence oppose désormais plusieurs organisations syndicales au Syndicat des agents et employés du secteur (SAGES). Dans une note datée du 27 octobre 2026, des représentants syndicaux contestent la légitimité de cette organisation à parler au nom de l’ensemble du personnel et réaffirment leur soutien au comité de gestion dirigé par le directeur général, Martin Lukusa Cibangu Panu.
La controverse s’est intensifiée à la suite d’une correspondance du SAGES datée du 23 octobre 2026. En réaction, les organisations signataires de la note référencée n° 004/SRO/DG/10/2026 remettent en cause le mandat dont se prévaut ce syndicat pour s’exprimer au nom des travailleurs de l’ONATRA.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Une contestation autour de la représentativité syndicale
Au cœur de cette opposition se trouve la question de la représentativité des organisations syndicales au sein de l’entreprise. Selon les signataires de la note, le SAGES ne disposerait pas d’un mandat du Bureau national de la délégation syndicale l’autorisant à parler au nom de l’ensemble du personnel.
Cette position traduit un désaccord sur les prérogatives des différentes structures syndicales et sur les conditions dans lesquelles elles peuvent porter les revendications des travailleurs.
Dans une entreprise publique où plusieurs organisations défendent des intérêts professionnels parfois différents, la représentativité constitue un enjeu important. Elle détermine notamment la capacité des syndicats à participer au dialogue social et à défendre les préoccupations du personnel auprès de la Direction générale.
Toutefois, la portée exacte de cette contestation devra être appréciée à la lumière des textes applicables, des mandats syndicaux en vigueur et des documents officiels établissant la représentativité de chaque organisation.
L’intersyndicale renouvelle sa confiance à Martin Lukusa
Au-delà du différend avec le SAGES, les signataires de la note réaffirment leur soutien au comité de gestion dirigé par Martin Lukusa Cibangu Panu.
Ce positionnement intervient dans un contexte où l’ONATRA doit relever d’importants défis opérationnels, financiers et organisationnels. La modernisation des infrastructures, l’amélioration de la qualité des services et le redressement de l’entreprise figurent parmi les enjeux auxquels sa direction est confrontée.
En renouvelant leur confiance au comité de gestion, les organisations syndicales signataires semblent privilégier la poursuite du dialogue avec la Direction générale et la recherche d’un climat social propice à la mise en œuvre des réformes.
Ce soutien ne dispense toutefois pas la direction de répondre aux préoccupations du personnel. Dans toute entreprise publique, la stabilité sociale repose également sur la transparence de la gestion, le respect des droits des travailleurs et l’existence de mécanismes de concertation crédibles.
La relance de l’ONATRA au cœur des enjeux
L’ONATRA occupe une place importante dans le système de transport congolais, notamment à travers ses activités ferroviaires, fluviales et portuaires. Son redressement représente un enjeu économique majeur pour la circulation des personnes et des marchandises, ainsi que pour la desserte de plusieurs régions du pays.
La réhabilitation des infrastructures, l’amélioration des capacités opérationnelles et le renforcement de la performance de l’entreprise sont essentiels pour accroître sa contribution à l’économie nationale.
Dans ce contexte, les divergences syndicales peuvent compliquer le dialogue social si elles débouchent sur une confrontation durable. À l’inverse, un cadre de concertation respectueux des mandats et des responsabilités de chaque partie peut contribuer à prévenir les blocages et à favoriser la recherche de solutions.
La direction et les organisations représentatives ont donc intérêt à maintenir des canaux de communication ouverts, afin que les désaccords internes ne détournent pas l’attention des priorités liées à la relance de l’entreprise.
Entre unité syndicale et exigences de gouvernance
En contestant la démarche du SAGES et en réaffirmant leur soutien à Martin Lukusa Cibangu Panu, les organisations signataires affichent leur volonté de peser dans le débat sur l’avenir de l’ONATRA.
Il reste néanmoins essentiel de distinguer les positions exprimées par les syndicats des faits établis concernant la gouvernance de l’entreprise. La légitimité de chaque organisation, la portée de ses mandats et les résultats de la gestion doivent pouvoir être appréciés sur la base de documents vérifiables et d’éléments objectifs.
Au-delà de cette confrontation, le véritable enjeu demeure le redressement durable de l’ONATRA, dans un cadre qui concilie efficacité de gestion, respect des droits sociaux et dialogue entre la direction et les représentants du personnel.
Le JUGE
