12 Millions au cœur du clash : Kasongo Kabwik recadre sévèrement Daniel Bumba !

La gestion de la salubrité publique dans la capitale de la République Démocratique du Congo vient de basculer d’un simple défi logistique à une crise institutionnelle et sécuritaire majeure.

Entre l’exécutif provincial de Kinshasa et la Task-Force présidentielle d’assainissement et de salubrité, le torchon brûle désormais publiquement, consommé par une profonde discorde financière et communicationnelle. Au centre de ce bras de fer au sommet de l’État: l’évocation, par les autorités provinciales, d’une enveloppe mensuelle faramineuse de 12 millions de dollars américains prétendument attribuée à cette structure mixte, civile et militaire.

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Loin de s’en tenir à une simple mise au point administrative, la réponse de la Task-Force a pris la forme d’un réquisitoire d’une rare violence verbale et juridique. Dans une lettre officielle datée du 28 octobre 2026, adressée directement au gouverneur de la Ville-province de Kinshasa, le Lieutenant-général Kasongo Kabwik, Coordonnateur de cette entité présidentielle, a exprimé sa vive «indignation» face à ce qu’il qualifie de manœuvre de déstabilisation.

En opposant une fin de non-recevoir catégorique aux déclarations de l’Hôtel de Ville, le haut gradé ne se contente pas de défendre l’honneur de ses troupes; il déplace le conflit sur le terrain du droit militaire, accusant ouvertement le gouvernement provincial d’atteindre la sûreté des forces engagées sur le terrain de la reconstruction publique.Le point de rupture : Les « 12 millions de la discorde »Le point de départ de ce choc institutionnel réside dans les récentes sorties médiatiques du gouvernement provincial de Kinshasa, largement relayées et soutenues par le ministère provincial de l’Environnement.

Selon la communication officielle de l’exécutif kinois, un décaissement mensuel systématique de 12 000 000 USD serait mis à la disposition de la Task-Force présidentielle pour assurer ses opérations de nettoyage et de réhabilitation de la mégapole africaine.Pour le lieutenant-général Kasongo Kabwik, cette affirmation est non seulement dénuée de fondement, mais elle est surtout «truffée de controverses».

Dans sa missive au gouverneur, le Coordonnateur dénonce une exposition médiatique pernicieuse. En distillant de tels chiffres dans l’espace public, l’exécutif provincial jetait, selon lui, la Task-Force « en pâture » à une opinion publique kinoise déjà exacerbée par les défis socio-économiques et l’état d’insalubrité chronique de la ville.

Le haut grade y voit une tentative politique de rejeter la responsabilité des lenteurs ou des failles de l’assainissement urbain sur une structure directement rattachée à la Présidence de la République.De la polémique financière à l’infraction militaire: L’article 88 brandiMais l’argumentaire du lieutenant-général dépasse rapidement le simple cadre de la comptabilité publique ou de la guerre des communiqués.

Compte tenu de la nature de la Task-Force qui emploie de nombreux militaires personnels ainsi que les « bâtisseurs de la nation » du Service National, la diffusion de fausses informations sur des flux financiers imaginaires revêt une gravité toute particulière.Dans sa correspondance, Kasongo Kabwik affirme sans détour que les déclarations du gouvernement provincial constituant ni plus ni moins qu’une « incitation des militaires et bâtisseurs de la nation à la désobéissance et à commettre des actes contraires à leurs devoirs ».

L’analyse du haut commandement est limpide: faire croire à des hommes en uniforme et à des jeunes en encadrement disciplinaire qu’ils évoluent au sein d’une structure brassant 12 millions de dollars par mois, sans que cela ne se reflète sur leurs conditions de vie ou de travail directs, est une étincelle hautement inflammable. Cela est perçu comme une tentative d’instiller le doute, la frustration et la mutinerie au sein des rangs.Pour donner toute sa force à sa protestation, le lieutenant-général rappelle fermement au premier citoyen de la ville que ces faits ne relèvent pas du débat d’idées, mais de la justice pénale.

Il souligne que de tels agissements sont formellement prévus et punis par le Code Pénal Militaire congolais en son article 88 relatif à la subversion et à l’atteinte à la discipline militaire.Une cohabitation devenue impossible?Cette confrontation directe met en lumière les chevauchements de compétences et les tensions budgétaires latentes qui caractérisent la gestion de la capitale.

Alors que l’Hôtel de Ville de Kinshasa tente de justifier ses arbitrages financiers et de démontrer son action environnementale, la Task-Force présidentielle entend sanctuariser sa mission opérationnelle loin des contingences et des querelles politiques locales.En haussant le ton à ce niveau, le lieutenant-général Kasongo Kabwik pose un jalon historique dans les relations entre l’autorité urbaine et les structures d’appui présidentielles.

La suite de ce conflit dépendra de la réaction de l’exécutif provincial: choisira-t-il la voie de l’apaisement et de la rectification publique, ou s’enfoncera-t-il dans un bras de fer juridique et politique dont l’arbitrage final reviendra inévitablement au chef de l’État? En attendant, sur le terrain de la salubrité publique, les déchets s’accumulent pendant que la guerre des tranchées institutionnelles bat son plein.

 

 

Le JUGE

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