Ancien ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Constant Mutamba se retrouve aujourd’hui au cœur d’accusations lourdes qui jettent une ombre sur son passage au gouvernement. Selon l’ancien président du conseil d’administration du FRIVAO, Mutamba aurait introduit sur les listes de paie de cet établissement public une multitude de membres de son parti politique, le NOGEC.
Ces «agents» fictifs auraient perçu des salaires plantureux, transformant la paie publique en un instrument de clientélisme. Ce scandale, loin d’être isolé, met en lumière une pratique généralisée dans les cabinets ministériels et institutions du pays : la présence de proches, amis et connaissances des autorités sur les listes de paie, sans jamais exercer la moindre fonction. Les accusations du FRIVAOL’ancien PCA du FRIVAO qui passe actuellement devant les juges, n’a pas mâché ses mots: il accuse Mutamba d’avoir «inoculé» des dizaines de faux agents, tous issus du NOGEC, sur les listes de paie de l’établissement.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Ces individus auraient bénéficié de rémunérations généreuses, alors qu’ils n’avaient ni bureau ni mission. Cette pratique, si elle était avérée, constituerait un détournement flagrant des deniers publics et une instrumentalisation de l’appareil d’État à des fins partisanes. Le cas Mutamba n’est pas une exception.
Dans de nombreux cabinets ministériels, la paie publique est devenue une véritable rente pour les familles, amis et connaissances des autorités en place. Des noms apparaissent sur les listes, sans que les bénéficiaires ne franchissent jamais la porte des institutions concernées. Ce système, toléré et parfois encouragé, mine la crédibilité de l’administration et alimente la défiance des citoyens envers leurs dirigeants.
Le clientélisme comme mode de gouvernanceEn introduisant ses partisans sur les listes de paie, Mutamba aurait utilisé l’argent public pour consolider son assise politique. Le NOGEC, parti qu’il dirige, se serait ainsi retrouvé financé indirectement par l’État, au détriment des véritables agents publics. Cette logique de clientélisme, où la loyauté politique prime sur la compétence, illustre les dérives d’une gouvernance qui confond intérêts privés et biens publics.
Au-delà du scandale, ces pratiques ont des effets dévastateurs: Budgets détournés au profit de réseaux politiques. Fonctionnaires non payés, car les ressources sont siphonnées par des fictifs. – Institutions discréditées, perçues comme des machines à enrichir les élites. – Jeunesse frustrée, privée d’opportunités dans un système verrouillé par le népotisme.
Le scandale Mutamba n’est que la partie visible de l’iceberg. Dans plusieurs ministères et entreprises publiques, les listes de paie sont truffées de noms de proches des autorités. Cette banalisation du népotisme et du favoritisme fragilise l’État, réduit son efficacité et entretient une culture de prédation qui semble devenue la norme.
Les accusations portées contre Constant Mutamba révèlent une réalité inquiétante: la paie publique, censée rémunérer le travail des agents de l’État, est détournée pour servir des intérêts politiques et personnels. En introduisant des membres de son parti sur les listes du FRIVAO, Mutamba aurait transformé la Justice en caisse noire au service du NOGEC.
Mais au-delà de son cas, c’est tout un système qui est mis en lumière : celui d’une administration gangrenée par le népotisme, où les institutions deviennent des viviers de rente pour les élites. Tant que ces pratiques perdureront, l’État restera prisonnier d’une gouvernance prédatrice, incapable de répondre aux attentes d’une population en quête de justice, de transparence et de dignité.
Le JUGE
