L’Office national des transports (ONATRA SA) poursuit son processus de transformation avec une orientation désormais marquée par deux priorités : réduire le poids de la dette et renforcer l’outil de production. Sous la direction du Directeur général Martin Lukusa Panu, les données financières disponibles font ressortir un effort important en matière de désendettement, accompagné d’investissements dans plusieurs secteurs stratégiques.
La synthèse financière de l’entreprise fait état du remboursement de 67.231.223 dollars américains de dette bancaire. Une opération qui intervient alors que l’ONATRA consacre également des ressources importantes à la modernisation de ses équipements et de ses infrastructures.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Au total, les investissements réalisés sont évalués à 83.235.909 USD.
Des moyens supplémentaires pour l’exploitation
Le renouvellement du matériel constitue l’un des axes majeurs de cette politique. L’ONATRA indique avoir acquis deux locomotives neuves, sept voitures automotrices, 42 wagons et trois engins de voie.
Le secteur portuaire bénéficie, de son côté, de deux grues portiques et trois autogrues, tandis que le transport fluvial est renforcé par l’acquisition de six pousseurs. Plusieurs autres équipements viennent compléter ce dispositif.
La valeur annoncée du matériel d’exploitation atteint 41.721.829 USD.
Parallèlement, 41.514.080 USD sont consacrés aux infrastructures. Les travaux portent notamment sur les quais 0, 1 et 2, l’aménagement d’un nouveau parc à conteneurs, les voies CFMK et Kin-Aero, ainsi que sur plusieurs ouvrages et installations portuaires.
Une opération financière de plus de 150 millions USD
En rapprochant les montants consacrés aux investissements et ceux affectés au remboursement de la dette bancaire, la Direction générale estime à 150.467.132 USD la valeur mobilisée à travers ces opérations.
Cette dynamique vise à donner à l’ONATRA davantage de moyens pour améliorer ses performances et renforcer progressivement sa position dans les secteurs ferroviaire, portuaire et fluvial.
L’entreprise signale toutefois une créance de 176.331.780 USD sur l’État. Le règlement ou la restructuration de cette créance demeure un enjeu important pour les perspectives financières de l’Office.
Les recommandations de l’audit
Le rapport d’audit invite néanmoins à ne pas perdre de vue les faiblesses persistantes dans le suivi financier. Il relève notamment l’existence de comptes bancaires affichant des soldes négatifs ainsi que certaines opérations de débit pour lesquelles les justificatifs nécessaires ne seraient pas entièrement disponibles.
Ces observations exposent l’entreprise à des risques en matière de pertes financières, de comptabilisation et de contrôle interne.
Au 30 juin 2026, les engagements financiers restant à rembourser sont évalués à 3.736.079,32 USD.
Les auditeurs recommandent ainsi un suivi plus strict des engagements bancaires et demandent à la Direction financière de se rapprocher de la Banque centrale du Congo afin de clarifier la situation des comptes de l’ONATRA.
Le défi de la consolidation
Le désendettement constitue donc l’un des marqueurs de la stratégie actuelle de Martin Lukusa Panu. Mais l’enjeu consiste désormais à inscrire ces résultats dans la durée.
Le remboursement de plus de 67 millions USD, associé à plus de 83 millions USD d’investissements, représente un effort financier significatif. La poursuite de cette dynamique devra cependant s’accompagner d’un contrôle interne renforcé, d’une meilleure traçabilité des opérations et d’une gestion rigoureuse des engagements.
L’ONATRA explore également de nouvelles perspectives de financement, notamment à travers le marché des capitaux et l’éventualité d’une introduction à la Bourse des Valeurs de Kinshasa.
Entre désendettement, modernisation des équipements et recherche de nouveaux financements, la Direction générale entend ainsi consolider progressivement les bases d’un ONATRA plus performant et mieux armé pour relever les défis du transport ferroviaire, portuaire et fluvial en RDC.

Le Juge
