Bahati Lukwebo, l’inoxydable capitaine de l’AFDC !

En politique congolaise, certains dirigeants s’essoufflent au premier coup de vent, tandis que d’autres puisent leur force dans les tempêtes. Modeste Bahati Lukwebo appartient incontestablement à cette seconde catégorie. Alors qu’une nouvelle fronde interne tente de lui disputer le contrôle de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), le patriarche oppose une résistance farouche. Loin de sonner le glas de sa carrière, cette énième crise met en lumière la ténacité d’un homme qui a fait de la résilience politique un véritable art.

Le verdict des urnes et des cours : une légitimité revendiquée

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Pour comprendre les ressorts de la crise actuelle, il faut revenir aux événements récents, à la croisée de la légitimité militante et du droit. Quelques jours auparavant, le quatrième congrès ordinaire de l’AFDC s’est tenu au Béatrice Hôtel, dans une atmosphère particulièrement mobilisatrice. Les délégués venus de différentes provinces ont renouvelé leur confiance à Modeste Bahati Lukwebo, lui accordant un nouveau mandat de cinq ans à la tête du parti.

Ce vote interne constitue, pour ses soutiens, la preuve que la base et une large partie des cadres de l’AFDC continuent de reconnaître en lui leur principal dirigeant.

Face aux velléités de déstabilisation, la justice congolaise a également rendu une décision favorable à Bahati Lukwebo. Le 11 juillet 2026, le Tribunal de grande instance de Kinshasa-Gombe l’a confirmé dans ses fonctions de président national de l’AFDC, selon les éléments avancés par ses partisans, et a débouté le dissident Otto Bahizi.

Pour autant, cette décision judiciaire n’a pas suffi à mettre un terme aux tensions internes qui secouent le parti. La bataille autour du contrôle de l’appareil politique se poursuit, révélant la profondeur des divergences entre les différentes factions.

Le vieux Maradona n’a pas raccroché les crampons

À 70 ans, le « vieux Maradona », surnom que lui attribuent ses partisans en référence à son habileté politique, ne semble pas disposé à raccrocher les crampons. Modeste Bahati Lukwebo connaît les tempêtes, les frondes et les offensives internes. Son parcours politique est jalonné de crises dont il est parvenu, jusqu’ici, à sortir sans abandonner le navire.

Déjà, sous l’ère de Joseph Kabila, l’AFDC avait été confrontée à des tentatives de débauchage, de dédoublement et à l’activisme de plusieurs dissidents. À l’époque, certains pronostiquaient la disparition politique de Bahati Lukwebo. C’était, selon ses proches, mal connaître l’homme.

Le dirigeant avait alors bataillé pour préserver l’appareil politique qu’il avait contribué à construire, au prix de nombreuses confrontations et de sacrifices importants.

Des années plus tard, le scénario semble changer de visages, mais pas nécessairement de méthode. Les protagonistes ne sont plus les mêmes, mais la bataille autour du contrôle du parti demeure. Pour le camp de Bahati Lukwebo, il s’agit une nouvelle fois de défendre l’intégrité d’une formation politique dont il revendique la construction et la direction.

Prêt à défendre ses droits jusqu’au bout

Aujourd’hui encore, face à cette nouvelle adversité, sa détermination demeure intacte. Modeste Bahati Lukwebo ne donne aucun signe d’un homme disposé à céder. Dans une récente missive, il affirme sa volonté de défendre ses droits, sa dignité et l’intégrité de son parti jusqu’au bout.

Ceux qui espéraient le voir abdiquer pourraient donc devoir patienter. Le président statutaire de l’AFDC encaisse les coups, analyse le rapport de forces et entend s’appuyer sur sa légitimité politique et juridique pour poursuivre la bataille.

C’est la posture d’un vieux routier de la politique congolaise, qui connaît les arcanes du pouvoir et les retournements de situation. Pour lui, abandonner le terrain n’est manifestement pas à l’ordre du jour.

Face aux dissidents et aux adversaires qui s’agitent autour de l’AFDC, Modeste Bahati Lukwebo entend rester debout. L’histoire politique de la RDC montre que les formations disposant d’une implantation militante et d’une organisation structurée ne disparaissent pas facilement sous l’effet d’une crise interne.

Le « Maradona » congolais est donc toujours sur le terrain. Et, dans cette nouvelle bataille pour le contrôle de l’AFDC, le coup de sifflet final est encore loin d’avoir retenti.

LE JUGE

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