Partenariat stratégique pour l’émergence économique ! : l’ARSP et la DGDA scellent une alliance historique pour propulser les sous-traitants congolais

L’indépendance politique d’une nation reste illusoire tant qu’elle ne s’accompagne pas d’une véritable souveraineté économique, fondée notamment sur la capacité des acteurs nationaux à capter une part significative de la richesse produite. En République démocratique du Congo, malgré l’immensité de ses ressources naturelles, la participation des opérateurs économiques congolais à la création de valeur demeure un défi majeur. C’est précisément pour inverser cette tendance que les institutions publiques multiplient les initiatives et cherchent désormais à mieux coordonner leurs actions.

Ainsi, le lundi 31 août 2026, une étape importante a été franchie à Kinshasa. Le directeur général de l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP), Ted Beleshayi Kasanda, a été reçu par son homologue de la Direction générale des douanes et accises (DGDA), Bernard Kabese Musangu. Cette séance de travail de haut niveau marque une volonté de renforcer la coopération entre les deux institutions.

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L’objectif est clair : unir leurs efforts, harmoniser leurs mécanismes de contrôle et de régulation et accroître l’efficacité des politiques publiques destinées à favoriser l’émergence des entrepreneurs congolais.

Une convergence institutionnelle

Pendant longtemps, les administrations publiques congolaises ont souvent travaillé de manière cloisonnée, ce qui a pu limiter l’efficacité de certaines réformes. La rencontre entre Ted Beleshayi Kasanda et Bernard Kabese Musangu traduit, à cet égard, une volonté de rapprocher les mécanismes institutionnels au service d’un même objectif : renforcer la participation des entreprises congolaises à l’économie nationale.

L’ARSP joue un rôle central dans la régulation de la sous-traitance dans le secteur privé, notamment à travers l’identification et la certification des entreprises éligibles au dispositif de sous-traitance. La DGDA, pour sa part, assure la gestion et le contrôle des opérations douanières ainsi que l’application de la fiscalité aux frontières.

La mise en commun de leurs informations et de leurs mécanismes de contrôle pourrait ainsi contribuer à créer un dispositif plus cohérent. Il ne s’agit plus seulement de contrôler, mais également de faciliter l’accès des entreprises locales aux dispositifs prévus par la législation et de leur permettre de développer leur compétitivité face aux opérateurs internationaux.

Le Code minier et le contenu local au cœur des échanges

Les discussions entre les deux dirigeants ont notamment porté sur l’application effective des textes législatifs encadrant la participation des entreprises congolaises à l’économie nationale.

Deux instruments juridiques occupent une place particulière dans cette réflexion.

Le Code minier révisé comporte des dispositions relatives à l’approvisionnement local et à la sous-traitance dans le secteur minier. L’un des enjeux demeure leur application effective, notamment dans un environnement où les grandes compagnies recourent encore largement à des prestataires et fournisseurs internationaux.

Le cadre légal relatif au contenu local, quant à lui, vise à renforcer la participation des opérateurs économiques nationaux dans différents secteurs de l’économie. Son ambition est de favoriser davantage la création de valeur sur le territoire national et d’accroître les retombées économiques au bénéfice des entreprises congolaises.

Les échanges ont également porté sur les mécanismes d’incitation fiscale et douanière. Pour développer leurs capacités de production, les PME congolaises ont besoin d’un environnement qui facilite notamment l’acquisition d’équipements et de matériels nécessaires à leurs activités.

L’enjeu consiste toutefois à garantir que les avantages prévus par la législation profitent effectivement aux entreprises éligibles et dûment identifiées, afin de limiter les risques de fraude, de fausses déclarations ou de recours à des prête-noms.

Une commission technique pour passer aux actes

Conscients que les déclarations d’intention ne suffisent pas à transformer durablement l’environnement économique, les deux dirigeants ont convenu de mettre en place une commission technique paritaire ARSP-DGDA.

Cette structure devrait notamment avoir pour mission de renforcer la collaboration entre les deux administrations autour de trois axes prioritaires :

Harmoniser les fichiers : rapprocher les bases de données relatives aux entreprises agréées ou certifiées par l’ARSP avec les informations disponibles au niveau de la DGDA, afin d’améliorer l’identification des opérateurs économiques éligibles.

Simplifier les procédures : faciliter les démarches administratives des sous-traitants locaux pouvant bénéficier des dispositifs fiscaux et douaniers prévus par la législation.

Renforcer les contrôles : détecter les fausses déclarations et les pratiques frauduleuses et vérifier que les marchandises ou équipements importés dans le cadre des mécanismes d’incitation sont effectivement destinés aux activités déclarées.

Vers un patriotisme économique pragmatique

La séance de travail entre Ted Beleshayi Kasanda et Bernard Kabese Musangu pose ainsi les jalons d’une coopération institutionnelle susceptible de renforcer le contenu local et la participation des entreprises congolaises à la création de richesse.

En rapprochant la régulation de la sous-traitance des mécanismes fiscaux et douaniers, l’ARSP et la DGDA cherchent à construire un dispositif permettant à la fois de protéger les intérêts économiques nationaux, de lutter contre les pratiques frauduleuses et de favoriser la croissance des entreprises locales.

Le véritable défi se situe désormais dans la mise en œuvre. La crédibilité de cette initiative dépendra de la capacité de la future commission technique à produire des solutions concrètes, à réduire les lourdeurs administratives et à garantir une application rigoureuse et équitable des textes.

Si cette dynamique se traduit par des mécanismes efficaces, la RDC pourrait franchir une nouvelle étape dans la construction d’un tissu entrepreneurial national plus solide. L’objectif ultime demeure que l’exploitation des richesses du pays ne profite pas uniquement aux grands opérateurs internationaux, mais contribue davantage à la création d’emplois, au développement des PME et à l’émergence d’une véritable classe économique congolaise.

LE JUGE

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