Pendant que les désordres routiers se pérennisent à Kinshasa, Daniel Bumba transforme le contrôle technique en une arnaque institutionnelle

Dans une capitale déjà asphyxiée par les embouteillages et les tracasseries routières, le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, vient de surprendre l’opinion publique par une décision controversée: relancer pour la deuxième fois en une seule année 2026 le contrôle technique automobile. Une mesure qui, selon la loi, ne devrait intervenir qu’une fois l’an. 

En ordonnant à son ministre provincial des Transports d’exécuter cette décision, le gouverneur s’expose à de vives critiques. Pour les syndicats de transport et la société civile, il s’agit d’une arnaque légalisée, imposée sans consultation préalable et au mépris des réalités vécues par les Kinois. Pendant ce temps, l’Hôtel de Ville reste incapable de résoudre les embouteillages monstres qui paralysent la capitale, ni de mettre fin aux tracasseries policières qui gangrènent la circulation.

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Une violation flagrante de la loi

La législation congolaise est bien claire: le contrôle technique automobile doit être effectué une fois par an. En imposant une deuxième session dans la même année, le gouverneur bafoue le cadre légal et instaure une pratique abusive. Cette décision, loin d’être une mesure de sécurité, apparaît comme une manœuvre financière visant à pressurer davantage les transporteurs et les automobilistes.

Une arnaque dénoncée par les Kinois

Pour les syndicats de transport et la société civile, cette relance intempestive du contrôle technique est une arnaque institutionnelle. Non seulement qu’elle n’a pas été précédée d’une consultation des parties prenantes, mais pire, elle intervient dans un contexte où les automobilistes peinent déjà à supporter les multiples charges imposées par l’administration urbaine.

Par ailleurs, alors que les embouteillages paralysent quotidiennement la capitale, l’Hôtel de Ville se montre incapable d’apporter des solutions concrètes. Les avenues principales se transforment en parkings à ciel ouvert, et les automobilistes sont livrés à la merci des éléments de la police de circulation routière qui multiplient les tracasseries au vu et au su de la population. Cette incapacité à gérer les problèmes réels contraste avec l’empressement à imposer un contrôle technique abusif.

Un déficit de gouvernance

La gouvernance urbaine se révèle défaillante: absence de concertation avec les syndicats et la société civile; priorités inversées, avec un accent mis sur la taxation plutôt que sur la fluidité de la circulation; manque de transparence dans la mise en œuvre des décisions. Ces éléments traduisent une gestion autoritaire et déconnectée des besoins réels de la population.

Face à cette situation, les voix s’élèvent pour dénoncer une dérive institutionnelle. Les syndicats de transport, les associations citoyennes et les usagers de la route réclament l’annulation de cette mesure et exigent que l’Hôtel de Ville concentre ses efforts sur la résolution des problèmes prioritaires: circulation, sécurité routière et lutte contre les tracasseries policières.

La décision du gouverneur Daniel Bumba de relancer le contrôle technique pour la deuxième fois en une seule année constitue une atteinte grave à la légalité et à la confiance citoyenne. En imposant une mesure perçue comme une arnaque, sans concertation et dans un contexte de chaos routier, l’autorité urbaine fragilise davantage son image et celle des institutions qu’elle incarne. Kinshasa n’a pas besoin de contrôles techniques abusifs, mais d’une gouvernance responsable, capable de fluidifier la circulation, de mettre fin aux tracasseries policières et de restaurer l’ordre urbain.

L’histoire retiendra que, dans une année marquée par les souffrances des Kinois, le gouverneur a choisi la voie de l’abus institutionnalisé plutôt que celle de la responsabilité. Mais la résistance citoyenne, portée par les syndicats et la société civile, pourrait bien transformer cette décision en un boomerang politique pour l’Hôtel de Ville.

Le JUGE

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