Villes intelligentes en RDC : sans électricité fiable, la transformation urbaine reste un défi

À ExpoBéton RDC 2026, Soraya Aziz-Moto, directrice générale de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), a placé la disponibilité de l’énergie au cœur du développement des villes intelligentes. Elle a notamment insisté sur la nécessité d’accroître les capacités de production, de moderniser les réseaux électriques et de promouvoir une consommation plus rationnelle.

La construction de villes modernes, compétitives et durables en République démocratique du Congo (RDC) dépend de plusieurs facteurs, parmi lesquels l’accès à une électricité fiable occupe une place centrale. Alors que le concept de « ville intelligente », ou smart city, gagne du terrain en Afrique, le développement des infrastructures numériques et des services urbains innovants reste étroitement lié à la disponibilité de l’énergie.

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Lors de la 12ᵉ édition d’ExpoBéton RDC 2026, Soraya Aziz-Moto, directrice générale de l’Autorité de régulation du secteur de l’électricité (ARE), a défendu une approche axée sur le renforcement de l’offre énergétique, la modernisation des réseaux et l’efficacité dans l’utilisation de l’électricité.

Intervenant dans le panel consacré à l’« Énergie, eau, villes vertes, innovation et smart city », elle a souligné l’importance de placer les infrastructures électriques au centre des politiques de transformation urbaine et industrielle.

Accroître la production pour soutenir l’industrialisation

Le développement des villes intelligentes nécessite des capacités énergétiques suffisantes pour alimenter les ménages, les entreprises, les infrastructures publiques et les services numériques. Dans cette perspective, Soraya Aziz-Moto a évoqué le lancement prochain de projets énergétiques représentant une capacité globale d’environ 500 mégawatts (MW).

Selon les informations présentées, ces projets visent notamment à répondre aux besoins des Zones économiques spéciales (ZES), appelées à contribuer à l’industrialisation et à la création d’emplois en RDC.

La finalisation des bouclages financiers annoncée pour ces investissements constituerait une étape importante vers leur mise en œuvre. Leur concrétisation effective dépendra toutefois de l’avancement des travaux, du respect des calendriers et de la mise en service des installations.

L’augmentation de la capacité de production pourrait contribuer à améliorer l’approvisionnement électrique et à renforcer l’attractivité du pays auprès des investisseurs. Elle représente également un enjeu pour le développement des technologies nécessaires à la gestion intelligente des villes, notamment les systèmes de contrôle du trafic, l’éclairage public connecté et les services administratifs numériques.

Moderniser les réseaux pour réduire les pertes

L’augmentation de la production ne saurait, à elle seule, résoudre les difficultés d’approvisionnement. La capacité à transporter et à distribuer efficacement l’électricité constitue un autre défi majeur pour le secteur.

Au cours de son intervention, Soraya Aziz-Moto a évoqué les pertes techniques et commerciales sur les réseaux électriques, estimées entre 30 % et 40 % selon les données présentées. De telles pertes peuvent réduire la quantité d’énergie effectivement distribuée aux consommateurs et fragiliser l’équilibre économique du secteur.

Pour y remédier, l’ARE travaille avec la Société nationale d’électricité (SNEL) sur des initiatives visant à accompagner la réhabilitation et l’amélioration des infrastructures existantes.

Les actions envisagées portent notamment sur le remplacement des équipements défectueux, le renforcement des installations de transformation et la modernisation progressive des systèmes de distribution.

La numérisation des réseaux pourrait également faciliter la détection des anomalies, améliorer le suivi des flux électriques et permettre une meilleure gestion de la demande. La réduction des pertes apparaît ainsi comme un levier complémentaire à la construction de nouvelles capacités de production.

Promouvoir une consommation plus responsable

La transformation énergétique ne repose pas uniquement sur les investissements dans les centrales et les réseaux. Elle suppose également une évolution des pratiques de consommation.

À cet égard, la stratégie défendue par l’ARE accorde une place à la sensibilisation des consommateurs industriels, commerciaux et résidentiels. L’objectif est de favoriser une utilisation plus rationnelle de l’électricité et de limiter les gaspillages.

Les compteurs intelligents figurent parmi les outils susceptibles d’améliorer le suivi de la consommation et la gestion de la demande. Ils peuvent notamment permettre une mesure plus précise des usages et faciliter l’identification des périodes de forte sollicitation du réseau.

Les modalités tarifaires adaptées, lorsqu’elles sont mises en place dans un cadre réglementaire approprié, peuvent également contribuer à encourager une meilleure maîtrise de la consommation.

Pour les villes en développement, ces mesures représentent un enjeu important, notamment face à l’augmentation des besoins énergétiques des ménages, des activités économiques et des infrastructures publiques.

Les villes intelligentes, un défi énergétique pour la RDC

L’intervention de Soraya Aziz-Moto à ExpoBéton RDC 2026 met en évidence une condition essentielle de la transformation urbaine : les technologies numériques ne peuvent produire pleinement leurs effets sans des infrastructures électriques suffisamment fiables et performantes.

La construction de villes intelligentes ne se limite pas à l’installation de dispositifs connectés ou à la numérisation des services publics. Elle nécessite une approche intégrée associant production énergétique, transport, distribution, maîtrise de la demande et planification urbaine.

Pour la RDC, l’enjeu consiste à faire progresser simultanément ces différents leviers afin de répondre aux besoins des populations et des entreprises, tout en accompagnant la croissance des centres urbains.

Le développement de nouvelles capacités de production, la réhabilitation des réseaux et la promotion de l’efficacité énergétique constituent, dans cette perspective, des axes complémentaires. Leur mise en œuvre effective sera déterminante pour améliorer la qualité de l’approvisionnement et créer les conditions nécessaires à l’émergence de villes plus modernes, connectées et durables.

Mireille Apendi

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