Le projet de tramway de Kinshasa et Lubumbashi franchit une nouvelle étape. À Bruxelles, le ministre des Infrastructures et Travaux publics, John Banza Lunda, a réuni, le jeudi 24 septembre 2026, les responsables des entreprises du consortium belgo-international impliqué dans le projet. Les échanges ont porté sur les derniers aspects techniques, administratifs et contractuels avant le passage à une nouvelle phase du chantier, dont le coût annoncé est estimé à 9 milliards de dollars.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!À Kinshasa, ce projet est présenté comme l’un des grands axes de la réponse aux difficultés de mobilité auxquelles la capitale est confrontée quotidiennement. L’objectif est de développer un système de transport collectif capable d’acheminer d’importants flux de passagers et de mieux connecter les principaux pôles urbains.
Sept lignes interconnectées à Kinshasa
Coordonné techniquement par l’Agence congolaise des grands travaux (ACGT) dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP), le projet prévoit la réalisation de sept lignes interconnectées. Le réseau envisagé doit notamment relier la Gombe, l’aéroport international de N’djili, Kintambo, Matete, l’Université de Kinshasa (UNIKIN), Selembao, la Cité Verte et Mont-Ngafula.
Une première liaison express entre la Gombe et l’aéroport international de N’djili figure parmi les principales composantes du projet. Des informations communiquées antérieurement faisaient état d’une mise en service envisagée en 2027.
Le projet reste toutefois à distinguer du démarrage effectif des travaux : la structuration du partenariat et plusieurs paramètres techniques, financiers et contractuels sont encore en cours de finalisation.
Des solutions techniques adaptées aux réalités de Kinshasa
Face aux contraintes topographiques et aux risques d’inondation auxquels la capitale est confrontée, plusieurs solutions techniques sont envisagées.
Pour les sections souterraines, le recours à des tunneliers est prévu afin de traverser certaines zones rocheuses et accidentées. Le projet prévoit également des dispositifs consacrés à la gestion des eaux pluviales et à la prévention des inondations.
L’alimentation électrique constitue un autre volet important. Le réseau devrait disposer d’un système d’alimentation dédié afin de garantir la continuité du service.
John Banza Lunda a par ailleurs insisté sur la nécessité d’assurer l’intégration du tramway avec les modes de transport déjà présents à Kinshasa, notamment les motos, les taxis-bus et le réseau routier. L’enjeu est de créer une véritable complémentarité entre les différents moyens de déplacement.
La Belgique appelée à accompagner le projet
La réunion de Bruxelles s’est tenue en présence de l’ambassadeur de la RDC en Belgique, Christian Ndongala. À cette occasion, le ministre des Infrastructures et Travaux publics a appelé les partenaires industriels et financiers belges à participer à la modernisation des infrastructures congolaises.
« Plus que amis, plus que frères, Belges et Congolais, nous avons tous une très grande responsabilité de bâtir la prospérité commune. La Belgique a toute sa place dans ce défi », a déclaré John Banza Lunda.
Présent aux échanges, l’ancien ministre belge de la Défense André Flahaut a, pour sa part, plaidé pour une approche globale de la mobilité. Il a notamment souligné l’importance des infrastructures de proximité, telles que les routes secondaires et les voies d’accès, pour accompagner les grands projets de transport.
Au-delà du tramway, un plan plus large de désenclavement
Le projet de tramway s’inscrit, selon les autorités congolaises, dans une vision plus large de développement des infrastructures et d’aménagement du territoire.
Deux autres axes sont notamment mis en avant : le réseau fluvial, avec le dragage et le balisage annoncés de quelque 28 000 kilomètres de voies navigables, et le réseau routier, à travers un programme de désenclavement portant sur environ 22 800 kilomètres de routes nationales et de corridors stratégiques.
À Bruxelles, le gouvernement congolais entend ainsi poursuivre la structuration d’un projet appelé à modifier progressivement le paysage de la mobilité urbaine. Pour Kinshasa, l’enjeu sera désormais de transformer les annonces et les accords préparatoires en un réseau de transport effectivement opérationnel.
Mireille Apendi
