Dans le souci de redynamiser l’économie nationale, l’ARSP et le FPI envisagent de financer la sous-traitance congolaise

Depuis son accession à la magistrature suprême, le président de la République, Félix Tshisekedi, met l’accent sur une ambition devenue l’un des axes de son action économique : transformer le potentiel de la RDC en une richesse davantage inclusive, au bénéfice notamment des entrepreneurs congolais.

Au cœur de cette vision figure la volonté de réduire le paradoxe d’un pays aux ressources considérables, mais dont le tissu entrepreneurial local reste encore insuffisamment intégré aux grandes chaînes de valeur. La promotion d’une classe moyenne portée par des entrepreneurs nationaux mieux financés et techniquement outillés constitue ainsi un enjeu majeur de la politique économique.

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C’est dans cette perspective que s’inscrit le rapprochement entre deux institutions publiques : le Fonds de promotion de l’industrie (FPI) et l’Autorité de régulation de la sous-traitance dans le secteur privé (ARSP). En mettant en commun leurs expertises et leurs leviers d’action, les deux structures entendent apporter une réponse à deux difficultés auxquelles sont confrontées de nombreuses entreprises congolaises : l’accès aux marchés et le financement des investissements.

Ted Beleshay et Hervé Claude Batukonke en première ligne

Le vendredi 25 septembre 2026, les délégations de l’ARSP et du FPI se sont réunies pour examiner les bases d’une collaboration destinée à soutenir techniquement et financièrement les opérateurs économiques congolais actifs dans la sous-traitance.

Ted Beleshay, directeur général de l’ARSP, et Hervé Claude Batukonke, directeur général du FPI, accompagnés de leurs experts respectifs, ont notamment abordé les aspects méthodologiques, juridiques et financiers d’un futur partenariat.

L’ARSP, à travers sa mission de régulation et de promotion de la sous-traitance locale, apporte sa connaissance du tissu entrepreneurial et du cadre réglementaire. Le FPI, pour sa part, dispose de mécanismes de financement destinés à accompagner les investissements productifs.

À l’issue de la rencontre, Ted Beleshay a salué le travail accompli par Hervé Claude Batukonke à la tête du FPI, mettant en avant son dynamisme managérial et son esprit d’innovation.

Un levier financier pour des secteurs stratégiques

Les discussions devraient déboucher sur la signature d’un protocole d’accord définissant le cadre d’intervention du FPI en faveur des sous-traitants enregistrés et reconnus par l’ARSP.

Les deux institutions envisagent de cibler prioritairement plusieurs secteurs stratégiques :

Les mines : l’objectif est de favoriser l’intégration des entreprises congolaises dans les chaînes d’approvisionnement des sociétés minières, notamment dans la fourniture d’équipements, la maintenance et l’ingénierie.

Les hydrocarbures : le financement pourrait permettre à des entreprises locales d’acquérir les équipements nécessaires pour accéder à des marchés dans un secteur caractérisé par d’importantes exigences techniques.

La logistique et les transports : le dispositif devrait également soutenir les investissements liés au transport, au stockage et à la gestion des flux de marchandises.

À travers ces financements, l’ambition affichée est de renforcer la participation des entreprises congolaises à la création de valeur et de favoriser une plus grande transformation locale des ressources.

Sécuriser les investissements

L’un des enjeux majeurs du futur mécanisme sera la maîtrise du risque de crédit. De nombreuses PME et PMI rencontrent des difficultés à réunir les garanties exigées par les institutions financières.

Dans le cadre envisagé, l’ARSP devrait jouer un rôle de facilitateur auprès du FPI en orientant vers le financement des entreprises répondant aux critères d’éligibilité.

La sélection devrait notamment tenir compte de la conformité des entreprises à la législation sur la sous-traitance, de leur capacité financière et de l’existence de contrats ou de bons de commande permettant de garantir des perspectives de revenus.

Une commission mixte pour examiner les projets

Afin d’assurer la sélection et le suivi des projets, le futur protocole prévoit la mise en place d’une commission mixte réunissant des experts de l’ARSP et du FPI.

Cette structure devrait notamment procéder à l’évaluation technique des projets, à l’analyse des plans d’affaires et des prévisions financières, ainsi qu’au suivi de l’utilisation des fonds après leur décaissement.

L’objectif est de s’assurer que les financements accordés servent effectivement aux investissements prévus, notamment à l’acquisition d’équipements et au financement du fonds de roulement.

Cap sur janvier 2027

Les deux institutions prévoient le démarrage des opérations issues de ce partenariat à partir de janvier 2027, sous réserve de la finalisation et de la signature du protocole d’accord.

En associant les mécanismes de financement du FPI aux missions de régulation et d’accompagnement de l’ARSP, cette initiative entend renforcer l’accès des entreprises congolaises aux opportunités offertes par les grands secteurs de l’économie.

L’enjeu sera désormais de transformer cette convergence institutionnelle en financements effectivement accessibles aux sous-traitants congolais et en contrats générateurs d’emplois, d’investissements et de valeur ajoutée locale.

Mireille Apendi

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