Chaque année, la Journée internationale de la paix célébrée le 2 octobre invite les peuples à croire en un monde réconcilié. Elle ravive aussi le souvenir de Mahatma Gandhi, le sage indien qui fit de la non-violence une arme plus puissante que les canons. Son message traversait les frontières: aucune victoire durable ne peut naître de la haine.
Pourtant, comment célébrer la paix lorsque la planète semble vivre au rythme des conflits? De l’Europe à l’Afrique, du Moyen-Orient à l’Asie, les foyers de tension se multiplient. Les armes parlent souvent plus fort que la diplomatie. Les budgets militaires explosent, tandis que les discours de fraternité peinent à se faire entendre.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!La question dérange: faut-il encore croire en la paix? Certains répondront oui, parce que l’humanité a toujours survécu à ses propres folies. D’autres y verront une illusion, tant la course aux armements sophistiqués s’intensifie. Les grandes puissances perfectionnent leurs arsenaux. Les industries politico-militaires prospèrent. La guerre demeure, pour beaucoup, un marché florissant.
Après la Seconde Guerre mondiale, le monde avait pourtant juré: «Plus jamais ça». De grandes institutions ont été créées pour préserver la stabilité internationale. Les espoirs étaient immenses. Mais les décennies ont montré les limites de cette promesse. Les conflits n’ont pas disparu. Ils ont simplement changé de visage.
Face à cette réalité, l’inquiétude est légitime. Même l’appel de saint Jean-Paul II, exhortant l’humanité à «ne pas avoir peur», semble aujourd’hui mis à rude épreuve. Les menaces se diversifient. Les tensions géopolitiques s’accumulent. L’avenir apparaît souvent chargé d’incertitudes.
Et pourtant, renoncer à la paix serait la pire des défaites. Gandhi l’avait compris. La paix n’est pas un état naturel. C’est un combat permanent contre la peur, l’avidité et la violence. Elle n’est jamais acquise. Elle se construit chaque jour.
L’humanité vit donc un paradoxe. Elle fabrique des armes capables de la détruire, tout en continuant à rêver d’un monde apaisé. Entre ces deux chemins se joue sans doute son destin. La véritable interrogation n’est peut-être pas de savoir si la paix est possible, mais de déterminer si les hommes sont encore prêts à en payer le prix.
Car le plus grand danger pour l’avenir n’est pas l’absence de paix. C’est l’habitude de vivre sans elle.
YAMAINA MANDALA
