Le fiasco des bateaux de pêche : le ministre de la Pêche et de l’Élevage Jean-Pierre Tshimanga Bwana étale son incompétence et livre des bateaux inadaptés

Le scandale des « bateaux de pêche » paralyse le secteur halieutique congolais. Incapable de fournir des navires correspondant aux réalités hydrographiques et techniques du pays, l’actuel ministre de la Pêche et de l’Élevage, Jean-Pierre Tshimanga Bwana, tente une manœuvre de diversion désespérée en rejetant la faute sur son prédécesseur. Il s’agit donc là d’un énième naufrage financier où des millions de dollars du Trésor public se sont volatilisés en pure perte.

Des acquisitions non adaptées à la réalité du terrain

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C’était censé être le projet phare de la relance de la souveraineté alimentaire en République Démocratique du Congo. L’acquisition de bateaux de pêche industriels devait inonder les marchés de Kinshasa et de l’intérieur en poissons frais, brisant ainsi la dépendance humiliante envers les importations de chinchards congelés. Les navires tant vantés sont aujourd’hui le symbole d’un amateurisme d’État grossier.

Une fois livrés, le constat s’est révélé d’une cruauté sans appel: ces bateaux ne concordent absolument pas avec les réalités physiques du fleuve Congo et des côtes maritimes congolaises. Problèmes de tirage d’eau inadapté, motorisation obsolète ou surdimensionnée pour nos infrastructures portuaires, équipements de réfrigération défaillants… Tout indique que les spécifications techniques ont été rédigées sur un coin de table par des bureaucrates qui n’ont jamais vu un filet de pêche de leur vie.

La stratégie de la lâche défausse 

Face à l’indignation générale des syndicats de pêcheurs et des observateurs économiques, on aurait pu s’attendre à une prise de responsabilité, ou du moins à un profil bas de la part du ministre de la Pêche et de l’Élevage. C’était mal connaître le cynisme politique ambiant.

Toute honte bue, le ministre actuel Jean-Pierre Tshimanga Bwana a choisi la voie de la fuite en avant. Lors de ses récentes interventions, il a tenté de se laver les mains de ce fiasco en pointant un doigt accusateur vers son prédécesseur, affirmant que les contrats et les choix techniques avaient été finalisés avant son arrivée au ministère. Une défense puérile qui ne dupe personne. En acceptant les clés du ministère, un homme d’État assume le passif et l’actif. Continuer à exécuter un projet manifestement vicié sans y apporter des corrections immédiates relève soit de la complicité, soit d’une incompétence notoire.

Des millions de dollars jetés à l’eau 

Pendant que les cabinets politiques se rejettent la responsabilité de ce naufrage logistique, le Trésor public, lui, saigne. Ce sont des millions de dollars américains, des impôts émis par des Congolais et des sacrifices de toute une nation, qui ont été transférés aux chantiers navals étrangers pour transporter des carcasses inutilisables.

Cet argent, qui aurait pu servir à moderniser les coopératives de pêche artisanale à Moanda, à réhabiliter les infrastructures de froid ou à désenclaver les voies d’accès aux principaux lacs du pays, a été littéralement jeté par les fenêtres. Pendant ce temps, le panier de la ménagère continue de grimper et le poisson reste un produit de luxe pour la majorité des foyers congolais.

L’heure des comptes doit sonner

Ce dossier des bateaux de pêche n’est pas seulement un échec managérial; c’est un crime économique contre le développement. La justice et les institutions de contrôle, notamment l’Inspection générale des Finances (IGF), doivent de toute urgence se saisir de cette affaire. Il est temps que l’impunité cesse dans les couloirs ministériels. Le congolais ne peut plus tolérer que des ministres gèrent les portefeuilles de l’État avec une telle légèreté, pour ensuite se réfugier derrière des querelles de clocher politiques lorsque le scandale éclate. Le ministre de la Pêche et de l’Élevage doit répondre de ce fiasco, car sous sa gestion, le pays a encore perdu de l’argent pour rien.

Le JUGE

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