L’ancien Inspecteur général des finances, , a accordé lundi sa première interview depuis son admission à la retraite. Face aux journalistes d’Africa News, celui qui a incarné pendant cinq ans la lutte contre la mauvaise gouvernance financière en République démocratique du Congo a dressé un bilan nuancé de son mandat tout en appelant à préserver les réformes engagées.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Un retour médiatique mesuré
Admis à la retraite en mai 2025, Jules Alingete s’était éloigné de la scène publique. Son silence avait laissé un vide dans le débat sur le contrôle des finances publiques, alors que plusieurs dossiers de l’Inspection générale des finances continuaient de susciter de nombreuses réactions.
Lundi, il a choisi de s’exprimer sur Africa News. Avec le ton posé qui le caractérise, il a déclaré : « Je parle par devoir de mémoire et pour que la vérité du travail accompli ne soit pas déformée. »
Un bilan revendiqué, des limites reconnues
Durant son mandat, l’Inspection générale des finances s’est imposée comme un acteur majeur de la gouvernance publique grâce aux missions de contrôle, aux audits, aux rapports publics et à la récupération de fonds au sein de plusieurs entreprises et établissements publics.
« Nous avons remis l’exigence au centre de la gestion publique. L’argent du contribuable n’est pas une caisse de résonance », a-t-il affirmé.
L’ancien IGF reconnaît toutefois que les résultats demeurent tributaires de la volonté des autres institutions. « Un rapport d’audit n’a de valeur que s’il est suivi d’actions judiciaires et administratives. On ne combat pas seul un système ancré depuis des décennies. Il faut une volonté politique constante », a-t-il souligné.
Interrogé sur certains dossiers restés sans suite, notamment à l’OVD, à la SNEL ou à la Gécamines, il s’est abstenu de tout commentaire. « Je ne vais pas faire le procès de mes successeurs. Mon rôle aujourd’hui est de tirer les leçons », a-t-il déclaré.
Préserver les acquis
Pour Jules Alingete, l’avenir de la lutte contre la corruption passe par le renforcement de l’indépendance de l’Inspection générale des finances et par la protection de ses inspecteurs.
« Si demain on muselle le contrôle, on revient vingt ans en arrière. La mauvaise gouvernance reprendra ses droits et ce sera la population qui en paiera le prix », a-t-il averti.
« Transmettre plutôt que commenter »
Écartant toute ambition politique, Jules Alingete affirme vouloir désormais se consacrer à la formation et à l’encadrement de la jeunesse.
« Le pays manque de cadres intègres. Mon expérience doit servir. Je ne veux pas être un monument, je veux être utile », a-t-il confié.
En conclusion, il a résumé sa vision en une phrase : « La lutte contre la corruption ne s’arrête pas avec un homme. Elle s’arrête le jour où la République gagne. »
Cette première prise de parole depuis son départ de l’Inspection générale des finances relance le débat sur l’avenir de la lutte contre la corruption en RDC et sur le rôle des institutions de contrôle dans la consolidation de la bonne gouvernance.
Mireille Apendi
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