SNEL : Un an d’échec sous Teddy Lwamba, un audit réclamé !

La gestion de la Société nationale d’électricité (SNEL SA) suscite des interrogations au sein de l’entreprise. À l’occasion de la première année de mandat de son directeur général, le professeur Dr Ir Teddy Lwamba Muba, des agents et cadres réclament un audit approfondi afin de faire la lumière sur plusieurs dossiers liés aux dépenses, aux contrats et aux engagements financiers de la société.

Nommé directeur général de la SNEL en septembre 2025, Teddy Lwamba avait notamment annoncé son ambition de contribuer au redressement et à la modernisation de l’entreprise. Depuis sa prise de fonctions, plusieurs chantiers ont effectivement été engagés, notamment dans les infrastructures, les moyens opérationnels et le renouvellement des ressources humaines.

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Mais parallèlement à ces initiatives, des préoccupations sont exprimées en interne au sujet de certaines opérations qui, selon leurs auteurs, nécessitent davantage de transparence. Parmi les dossiers évoqués figurent notamment des travaux immobiliers, des marchés d’assainissement et certaines questions relatives à la gouvernance de l’entreprise.

Résidence de l’avenue Pumbu : des explications demandées

Au centre des préoccupations figure notamment un projet de travaux concernant une résidence de la SNEL située avenue Pumbu, dans la commune de la Gombe.

Selon plusieurs sources internes, des explications auraient été demandées sur la nature des travaux, leur coût ainsi que les procédures ayant conduit à leur réalisation.

Les informations recueillies évoquent des travaux qui dépasseraient le cadre d’une simple réhabilitation, avec notamment la construction d’un immeuble et l’aménagement d’infrastructures de loisirs, parmi lesquelles un terrain de tennis, un terrain de basketball et une piscine.

Ces éléments nécessitent toutefois d’être documentés et confrontés aux pièces officielles. Les agents à l’origine de ces interrogations souhaitent notamment connaître le coût global du projet, l’identité de l’entreprise chargée des travaux, la procédure de passation du marché ainsi que les sources de financement.

Marchés d’assainissement : des chiffres à vérifier

Les dépenses liées à l’assainissement constituent également un autre sujet de préoccupation.

Selon des sources internes, une société aurait auparavant assuré ces prestations pour environ 27 000 dollars américains par mois. Les mêmes sources affirment que deux autres prestataires auraient ensuite été intégrés au dispositif, pour des montants avoisinant chacun 30 000 dollars mensuels.

Ces chiffres, avancés par des sources internes, ne peuvent être considérés comme établis sans examen des contrats, factures, bons de commande et autres documents comptables ou administratifs.

Les agents demandent ainsi que soient examinés les marchés concernés, les procédures de passation, la réalité des prestations effectuées ainsi que les paiements réalisés.

Gouvernance : des interrogations sur d’éventuels conflits d’intérêts

D’autres préoccupations concernent le fonctionnement des organes de gouvernance de la SNEL et les éventuels liens entre certains administrateurs et des fournisseurs ou prestataires de l’entreprise.

Des sources internes affirment que certains administrateurs seraient, directement ou indirectement, liés à des fournisseurs ou prestataires de la SNEL.

Un autre dossier évoqué concerne une livraison présumée de transformateurs dans la province du Kongo Central, opération qui aurait impliqué, selon ces mêmes sources, des personnes appartenant à l’entourage familial d’un administrateur.

Ces affirmations doivent encore être étayées par des documents et les personnes éventuellement mises en cause doivent pouvoir apporter leur version des faits.

La question porte notamment sur le respect des procédures de passation des marchés ainsi que sur l’application des règles relatives aux conflits d’intérêts.

Des agents réclament un audit approfondi

Face à ces différentes interrogations, certains agents et cadres sollicitent l’intervention des organes de contrôle compétents, notamment l’Inspection générale des finances (IGF) et la Cour des comptes.

Ils souhaitent que l’examen porte notamment sur les marchés d’assainissement, les travaux immobiliers, les contrats de prestation, les emprunts, les engagements financiers ainsi que les opérations susceptibles d’avoir une incidence significative sur la trésorerie de la SNEL.

Ils demandent également qu’un examen indépendant permette d’établir la situation exacte des dettes et engagements financiers de l’entreprise, leur origine, leurs conditions de contraction et leur impact sur les finances de la société.

Des voix réclament un changement de cap

Dans le même contexte, certaines voix internes réclament un changement d’orientation dans la gestion de la SNEL.

Des agents évoquent notamment le retour de l’ancien directeur général Fabrice Lusinde, qu’ils présentent comme une option susceptible, selon eux, de contribuer au redressement de l’entreprise.

Cette position relève des agents qui la défendent et ne constitue pas, en elle-même, une conclusion indépendante sur les différentes périodes de gestion de la SNEL. Fabrice Lusinde avait dirigé l’entreprise avant la nomination de Teddy Lwamba en septembre 2025.

La Direction générale attendue sur les explications

Au regard de la sensibilité des accusations formulées, les explications de la Direction générale apparaissent déterminantes.

La SNEL pourrait notamment être appelée à préciser le coût réel des travaux de l’avenue Pumbu, l’identité des entreprises intervenantes, les procédures de sélection utilisées, les autorisations accordées ainsi que les sources de financement.

Des clarifications sont également attendues concernant les marchés d’assainissement et les éventuels liens entre certains administrateurs et des prestataires de l’entreprise.

Ces interrogations interviennent alors que la direction de Teddy Lwamba met en avant plusieurs chantiers de modernisation. La SNEL indique notamment poursuivre des investissements dans ses infrastructures et le renforcement de ses capacités opérationnelles, tandis que la direction a également relancé le recrutement après une longue période d’interruption.

L’audit comme moyen de distinguer les faits des allégations

En définitive, un audit indépendant permettrait de distinguer les faits établis des allégations et, le cas échéant, de déterminer la régularité des différentes opérations évoquées.

Une telle démarche permettrait également de clarifier les responsabilités, d’identifier d’éventuelles irrégularités et, le cas échéant, de confirmer la conformité des opérations aux procédures applicables.

En attendant d’éventuelles clarifications officielles et la publication de documents permettant de vérifier les différentes affirmations, le dossier continue de susciter des interrogations au sein de la SNEL.

Mireille Apendi

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