Dans les allées du pouvoir à Kinshasa, l’on évoque un bras de fer aussi inattendu qu’explosif autour de la paie complémentaire des agents de l’Inspection générale du Travail (IGT).
D’un côté, les directives présidentielles issues du 94ᵉ Conseil des ministres, validées par le président de la République, Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo, et relayées par la Première ministre. De l’autre, le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, que des inspecteurs et contrôleurs du Travail accusent de bloquer l’intégration de leur paie complémentaire dans le circuit régulier de rémunération.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Une situation qui, selon les agents concernés, suscite désormais colère et incompréhension au sein de l’Inspection générale du Travail.
La promesse aux abonnés absents
Lors d’une audience accordée à une délégation des inspecteurs dans son bureau, le VPM Adolphe Muzito aurait pris l’engagement de faciliter l’intégration de leur enveloppe dans le circuit de la paie normale dès le quatrième trimestre.
Cet engagement avait ensuite été relayé sur la page officielle du ministère du Budget.
Mais, selon les agents concernés, entre les déclarations d’intention et la mise en œuvre concrète, le fossé semble s’être creusé.
À ce jour, la direction de la paie attendrait toujours le quitus nécessaire à la poursuite du processus. Un document présenté comme déterminant par les inspecteurs, qui affirment que sa non-signature bloque l’intégration effective de leur paie complémentaire.
Pour les agents concernés, cette situation transforme la promesse annoncée hier en une source de frustration et d’incompréhension.
Un opposant au cœur du gouvernement ?
La situation soulève désormais des interrogations dans certains milieux administratifs et syndicaux. Comment expliquer qu’une mesure présentée comme relevant des orientations de l’exécutif puisse connaître de tels blocages au niveau de son application ?
Alors que le chef de l’État s’est engagé sur plusieurs réformes touchant au fonctionnement de l’administration publique, certains observateurs s’interrogent sur les divergences éventuelles au sein même de l’appareil gouvernemental.
Une question commence ainsi à circuler dans les couloirs du Centre financier de Kinshasa : les orientations présidentielles bénéficient-elles réellement de l’adhésion de tous les membres du gouvernement ?
L’attitude attribuée à Adolphe Muzito alimente, à cet égard, diverses interrogations. Mais en l’absence d’explications officielles détaillées sur les raisons du blocage allégué, il convient de distinguer les accusations formulées par les agents concernés des faits officiellement établis.
Le spectre d’un mouvement au Centre financier
À bout de patience, les inspecteurs et contrôleurs du Travail ne semblent plus vouloir attendre davantage.
Face à ce qu’ils décrivent comme une inertie administrative, un mouvement de protestation serait envisagé au Centre financier de Kinshasa. Un sit-in pourrait ainsi être organisé mercredi prochain afin d’exiger l’application des instructions annoncées par les autorités.
Dans leur désarroi, les fonctionnaires concernés en appellent désormais directement au président de la République et à la Première ministre. Ils sollicitent leur implication personnelle afin de débloquer la situation et de permettre la régularisation de leur paie complémentaire.
Au-delà de la seule revendication salariale, l’affaire pose une question plus large : celle de l’effectivité des décisions prises au sommet de l’État et de leur mise en œuvre par les différentes administrations.
Pour les inspecteurs et contrôleurs du Travail, le compte à rebours est désormais lancé.
Jules Mbo
