L’initiative de l’Assemblée nationale demandant aux députés de présenter les vidéos de leurs réalisations dans leurs circonscriptions électorales a déclenché un débat révélateur. Certains élus estiment que leur rôle se limite à légiférer et à contrôler l’action du gouvernement ainsi que des entreprises publiques. Un argument juridiquement défendable. Mais politiquement, il convainc peu.
Dans l’opinion publique, cette réaction sonne comme une esquive. Car lors des campagnes électorales, rares sont les candidats qui se présentent comme de simples législateurs. Ils promettent des routes, des écoles, des centres de santé, l’eau, l’électricité et l’emploi. Ils sillonnent villages et quartiers en se présentant comme les futurs porteurs des aspirations populaires.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Une fois élus, le décor change souvent. Les promesses disparaissent derrière les murs de luxueuses villas construites loin des circonscriptions. Certains investissent davantage dans les grandes villes ou à l’étranger que dans les territoires qui les ont portés au Parlement. Des années passent sans qu’une seule infrastructure, même modeste, ne témoigne de leur passage.
Certes, un député n’est ni ministre ni gouverneur. Son rôle principal est de voter les lois et de contrôler l’exécutif. Mais rien ne lui interdit de porter le plaidoyer de sa population. Rien ne l’empêche de défendre des projets, de mobiliser des partenaires, de suivre les engagements du gouvernement ou de faire entendre la voix de ses électeurs.
Le véritable problème est peut-être là. Beaucoup de députés apparaissent dans les circonscriptions avant les élections et disparaissent après la proclamation des résultats. Mais, les populations ne réclament pas des miracles. Elles demandent simplement des preuves d’engagement, de présence et de redevabilité.
La demande de l’Assemblée nationale agit donc comme un miroir. Et les élus qui rechignent à montrer leurs réalisations semblent surtout redouter le reflet. Car lorsqu’il faut exhiber des résultats concrets, les discours de campagne ne suffisent plus.
Le mandat parlementaire n’est pas seulement un privilège. C’est une dette morale envers ceux qui ont accordé leur confiance. Et une confiance sans résultats finit toujours par se transformer en déception.
La vraie question demeure: lorsque les vidéos seront diffusées, combien de députés montreront des réalisations, et combien se contenteront de rappeler leurs promesses?

YAMAINA MANDALA
