Le président sud-africain s’indigne. Encore une femme assassinée. Puis une autre. Puis une autre encore.
Dans un pays où les armes circulent abondamment, la violence contre les femmes est devenue une tragédie récurrente. L’émotion officielle est légitime. Mais elle pose une question dérangeante : à quoi sert la « masculinité positive », tant célébrée dans les discours, si les femmes continuent de mourir dans le silence des foyers ou au coin des rues ?
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!Depuis des années, chefs d’État, ministres et organisations internationales vantent les mérites de cette nouvelle masculinité, censée promouvoir le respect et l’égalité. Les conférences se multiplient. Les déclarations aussi. Pourtant, sur le terrain, les violences persistent.
Combien de femmes sont battues sans que le voisinage n’intervienne ? Combien vivent dans la peur sans trouver de protection ? Combien sont tuées avant que la société ne se réveille quelques jours plus tard, le temps d’une indignation éphémère ?
La contradiction est flagrante. On célèbre la femme dans les discours. On l’abandonne dans la réalité.
À cette violence meurtrière s’ajoute une autre barbarie, plus ancienne, mais tout aussi scandaleuse : l’excision. Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, des milliers de filles continuent de subir cette mutilation. Les défenseurs de la pratique invoquent la tradition. Certains parlent même de préservation culturelle ou de fidélité aux valeurs africaines.
L’argument ne tient pas.
Toutes les traditions méritent-elles d’être conservées ? Une coutume devient-elle respectable simplement parce qu’elle est ancienne ? Certainement pas.
Priver une fillette d’une partie de ses organes génitaux n’a rien d’un acte culturel noble. C’est une violence. Une atteinte à l’intégrité physique. Une négation du droit de disposer de son propre corps. Les conséquences sont souvent dramatiques : douleur, traumatismes, complications médicales et souffrances durables.
L’Afrique ne gagnera rien à protéger des pratiques qui blessent ses filles. Le panafricanisme ne peut pas servir de refuge aux violences faites aux femmes. L’identité culturelle non plus.
Une société grandit lorsqu’elle protège les plus vulnérables, pas lorsqu’elle sacralise des habitudes destructrices.
La vérité est brutale : la masculinité positive reste davantage un slogan qu’une réalité. Tant que des femmes seront assassinées sans provoquer un sursaut collectif et que des fillettes seront mutilées au nom de la tradition, les beaux discours sonneront creux.
Le véritable combat ne se gagne pas dans les conférences. Il se gagne dans les familles, dans les écoles, dans les communautés et devant les tribunaux.
Et sur ce chemin-là, l’Afrique a encore beaucoup de retard à rattraper.
YAMAINA MANDALA
