Longtemps perçue comme une entreprise publique en quête de nouveaux repères, la Société nationale de Loterie (SONAL) entend désormais changer de dimension. Sous l’impulsion de son Administratrice directrice générale, Mme Claude Solange Tshibaka Yowa, l’entreprise affiche une ambition de transformation articulée autour de plusieurs priorités : assainissement de la gestion, amélioration des performances, contribution accrue aux finances publiques et renforcement de son impact social en République démocratique du Congo.
Entre réforme de la gouvernance, modernisation des outils de travail, élargissement des activités et multiplication des initiatives à caractère social, la SONAL cherche ainsi à s’imposer comme un acteur économique et social de référence.
Thank you for reading this post, don't forget to subscribe!L’état des lieux ou le pari de la refondation
Reprendre les commandes d’une entreprise publique confrontée à plusieurs défis constitue un exercice délicat. À son arrivée à la tête de la Société nationale de Loterie, Mme Claude Solange Tshibaka Yowa fait face à un secteur des jeux de hasard et de loterie marqué par une concurrence importante, une fragmentation des opérateurs et la nécessité d’optimiser les circuits de distribution.
Dès sa prise de fonction, la nouvelle directrice générale entend dépasser une simple logique de gestion courante. Son ambition affichée : repositionner la SONAL autour de trois maîtres-mots, à savoir la modernisation, la transparence et la performance.
Le premier chantier concerne la gouvernance interne. Rationalisation des charges, renforcement du contrôle, mobilisation du capital humain, numérisation progressive des procédures et discipline budgétaire constituent les principaux axes de cette démarche.
Pour la direction générale, la crédibilité d’une loterie nationale repose avant tout sur la confiance : celle des parieurs, des travailleurs, des partenaires et, surtout, de l’État actionnaire.
Le Trésor public retrouve un partenaire stratégique
La contribution des entreprises publiques aux recettes de l’État constitue depuis longtemps un enjeu majeur de la gestion des finances publiques en RDC.
Sous la direction de Mme Claude Solange Tshibaka Yowa, la SONAL entend faire de sa contribution au Trésor public un indicateur central de sa performance.
La restructuration de l’offre, la diversification des partenariats et la recherche de nouvelles sources de revenus figurent parmi les leviers mobilisés pour améliorer les performances de l’entreprise.
La lutte contre les activités clandestines dans le secteur des jeux et le renforcement du contrôle des opérations régulières constituent également des enjeux importants pour une entreprise appelée à évoluer dans un environnement fortement concurrentiel.
Si les résultats financiers avancés par la direction doivent être appréciés à l’aune des données officielles disponibles, la stratégie affichée traduit une volonté claire : faire de la SONAL une entreprise publique davantage contributive aux finances de l’État.
Dans un contexte où les pouvoirs publics doivent mobiliser des ressources importantes pour répondre aux priorités nationales, notamment la sécurité, les infrastructures et les services sociaux, la capacité des entreprises publiques à accroître leurs recettes constitue un enjeu stratégique.
Le social au cœur du jeu : la SONAL au chevet des Congolais
Au-delà de sa vocation économique, la SONAL entend également renforcer sa dimension sociale.
Sous la gouvernance de Claude Solange Tshibaka Yowa, le concept de « loterie citoyenne » est mis en avant à travers différentes initiatives destinées aux communautés.
La direction générale affirme ainsi vouloir inscrire la responsabilité sociétale de l’entreprise parmi ses priorités, avec plusieurs axes d’intervention.
L’autonomisation des femmes et des jeunes : soutien à des initiatives génératrices de revenus, appui à certains projets communautaires et accompagnement de structures de formation et d’encadrement.
La santé et l’éducation : interventions en faveur de certaines structures sanitaires et scolaires, notamment à travers des dotations en équipements ou des actions de réhabilitation.
Le soutien aux personnes vulnérables : la SONAL a également manifesté sa solidarité envers des populations touchées par les crises et les déplacements forcés dans l’Est de la République démocratique du Congo.
À travers ces différentes initiatives, l’entreprise cherche à donner une dimension plus concrète à sa responsabilité sociétale.
L’objectif affiché est de faire en sorte qu’au-delà du jeu et des gains individuels, l’activité de la loterie puisse également contribuer au financement d’actions présentant un intérêt collectif.
Modernisation technologique et conquête des provinces
La transformation d’une entreprise publique ne peut désormais faire l’économie du numérique.
Consciente de l’évolution des habitudes des consommateurs, la direction générale de la SONAL mise progressivement sur la modernisation de ses outils et de ses canaux de distribution.
Le recours aux solutions de paiement mobile, la modernisation des terminaux de vente et le développement d’outils numériques figurent parmi les pistes destinées à faciliter l’accès aux produits de la loterie et à élargir sa clientèle.
Cette transformation ne se limite pas à Kinshasa.
La SONAL entend également renforcer sa présence dans les différentes provinces du pays. De Lubumbashi à Goma, en passant notamment par Matadi, Kisangani et Mbuji-Mayi, le déploiement territorial constitue un axe important de la stratégie de développement de l’entreprise.
Cette présence provinciale doit permettre de rapprocher les activités de la SONAL des populations et de développer un réseau de distribution susceptible de générer des opportunités économiques pour les jeunes, notamment dans les domaines de la vente, de la distribution et de la gestion des points de proximité.
Le leadership au féminin comme accélérateur de transformation
Au-delà des réformes engagées, le parcours de Mme Claude Solange Tshibaka Yowa à la tête de la SONAL s’inscrit également dans le débat sur la place des femmes dans la gestion des entreprises publiques en République démocratique du Congo.
Son mode de management repose, selon son entourage professionnel, sur une combinaison de rigueur administrative, de proximité avec les collaborateurs et d’orientation vers les résultats.
Cette approche vise notamment à améliorer le climat social et à mobiliser les différentes composantes de l’entreprise autour d’objectifs communs.
Dans un secteur où la confiance, la transparence et la maîtrise des opérations sont déterminantes, la direction générale entend ainsi installer progressivement une nouvelle culture de gestion.
Les jalons d’un avenir à construire
La transformation de la Société nationale de Loterie reste un chantier en cours. Les ambitions affichées par sa direction portent aussi bien sur la gouvernance et les performances économiques que sur la modernisation technologique et la responsabilité sociétale.
Sous la conduite de Claude Solange Tshibaka Yowa, la SONAL entend ainsi tourner la page d’une gestion essentiellement administrative pour évoluer vers un modèle davantage orienté vers la performance, l’innovation et l’impact social.
Le chemin reste toutefois long et les résultats devront être mesurés dans la durée, à partir d’indicateurs financiers, sociaux et opérationnels vérifiables.
Une chose apparaît néanmoins clairement : la SONAL veut désormais jouer un rôle plus important dans l’économie congolaise. Son défi sera de transformer cette ambition en performances durables et mesurables, afin que la loterie nationale puisse contribuer davantage aux finances publiques tout en renforçant son utilité sociale.
Mireille Apendi
