Chronique | Mandataires en campagne : quand les bilans imaginaires remplacent les résultats réels !

Depuis l’annonce du concours pour la désignation de nouveaux mandataires à la tête des établissements et entreprises publics, un étrange spectacle se déroule sous les yeux de l’opinion. Ceux qui, hier encore, brillaient par leur silence ou leur immobilisme multiplient aujourd’hui les opérations de communication. Partout surgissent des bilans flatteurs, des rapports triomphalistes et des campagnes médiatiques destinées à présenter une gestion exemplaire. Pourtant, la réalité de plusieurs entreprises publiques raconte une tout autre histoire.

À écouter certains dirigeants, leurs établissements seraient devenus des modèles de gouvernance et de performance. Mais sur le terrain, les agents continuent de faire face à des retards de rémunération, à des conditions de travail précaires et à une absence de perspectives. Les tensions persistent entre les conseils d’administration et les directions générales. Les conflits de compétences paralysent encore plusieurs structures, tandis que les résultats promis peinent à se matérialiser.

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Cette agitation soudaine ressemble davantage à une campagne de survie qu’à un véritable exercice de redevabilité. Après plusieurs années de gestion, ce ne sont pas les communiqués qui doivent parler, mais les résultats. Une entreprise publique performante se mesure à la qualité de ses services, à la régularité du paiement des salaires de ses agents, à sa rentabilité et à sa contribution à l’économie nationale. Elle ne se juge ni à travers des articles de complaisance ni à partir de statistiques dépourvues d’impact visible.

Le plus préoccupant est que certains mandataires semblent désormais concentrer leurs efforts sur la préservation de leurs postes plutôt que sur le redressement de leurs entreprises. L’énergie déployée pour soigner leur image aurait peut-être produit davantage d’effets si elle avait été consacrée à résoudre les problèmes qui minent quotidiennement ces établissements.

Le gouvernement doit donc éviter le piège de la communication et privilégier une évaluation objective des performances. Le concours annoncé ne doit pas être retardé. Au contraire, il doit être organisé rapidement afin de favoriser l’émergence de profils compétents, capables de porter une nouvelle vision et de remettre ces entreprises au service de l’intérêt général.

L’heure n’est donc plus aux bilans imaginaires ni aux autoportraits flatteurs. Elle est à la vérité des chiffres, à la compétence et à l’efficacité. Car, pendant que certains dirigeants s’emploient à vendre un succès souvent introuvable, de nombreuses entreprises publiques continuent de s’enfoncer dans les mêmes difficultés. Et ce sont les agents, les usagers et l’État qui en paient le prix.

La véritable question est donc simple : si le bilan est aussi brillant qu’on veut le faire croire, pourquoi tant d’entreprises publiques continuent-elles de fonctionner comme des structures en détresse ?

YAMAINA MANDALA

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