Église catholique : « éviter le folklore qui étouffe la prière » (Chronique)

Le rappel du cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa, sur les nuisances sonores dans les églises catholiques mérite d’être entendu. Il touche à l’essentiel : la nature même de la prière. Une église n’est pas une salle de spectacle. Elle est avant tout un lieu de recueillement, de méditation et de rencontre avec Dieu.

Cette préoccupation n’est pas nouvelle. Il y a quelques jours, l’abbé Alphonse Kibwila, doyen des prêtres de Kinshasa, révélait une confidence du défunt cardinal Joseph-Albert Malula. Ce dernier insistait déjà sur la nécessité de réduire le bruit dans les églises, même dans le cadre du rite zaïrois. La conviction du grand prélat était claire : l’inculturation ne devait jamais ouvrir la porte aux excès.

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En effet, le rite zaïrois n’a jamais été conçu pour transformer la messe en un festival permanent de cris, de danses et d’animations. Son objectif était de permettre aux fidèles africains de mieux vivre leur foi à travers certaines expressions culturelles. Mais l’adaptation culturelle ne signifie pas agitation permanente.

Aujourd’hui, force est de constater que certaines célébrations semblent avoir perdu cet équilibre. Les chants se prolongent excessivement. Les interventions se multiplient. Le volume sonore devient parfois assourdissant. Plus préoccupant encore, certains prêtres semblent adopter des méthodes de prédication inspirées des églises dites de réveil. Cris, gesticulations et démonstrations émotionnelles prennent parfois le dessus sur la profondeur du message évangélique.

Pourtant, durant des décennies, l’Église catholique a cultivé un autre style. La force de la prédication reposait sur la qualité de la réflexion, la sobriété du ton et la richesse de l’enseignement. Le silence occupait une place importante dans la liturgie. Il permettait aux fidèles d’écouter, de méditer et d’intérioriser la Parole de Dieu.

Le cardinal Fridolin Ambongo a donc tracé une ligne de démarcation claire entre l’Église catholique et certaines communautés religieuses qui inondent nos quartiers de décibels parfois difficiles à supporter. La mission de l’Église catholique n’est pas de rivaliser avec elles sur le terrain du bruit. Sa vocation est d’offrir un espace de paix intérieure dans un monde déjà saturé de vacarme.

Le silence n’est donc pas un vide. Il est une présence. C’est souvent dans le calme que la foi parle le mieux au cœur de l’homme. En rappelant cette vérité, le cardinal Ambongo ne défend pas seulement une certaine tradition liturgique. Il rappelle aussi l’importance du recueillement dans la prière catholique.

Car lorsque le folklore prend toute la place, le risque est grand de ne plus entendre l’essentiel : la voix de Dieu.

YAMAINA MANDALA

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