Transport ferroviaire en RDC : le DG Martin Lukusa engage l’ONATRA sur la voie de la modernisation durable

Dans un pays comme la République démocratique du Congo, où le désenclavement et l’interconnexion des territoires constituent des enjeux majeurs du développement socio-économique, le transport ferroviaire occupe une place stratégique.

Longtemps confronté à la vétusté des infrastructures et du matériel roulant, ainsi qu’à de nombreux défis opérationnels, le secteur ferroviaire congolais connaît aujourd’hui de nouvelles initiatives de relance.

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À l’Office national des Transports (ONATRA), cette dynamique s’inscrit dans le cadre des orientations des pouvoirs publics en matière de mobilité et de désenclavement. À la tête de l’entreprise, le directeur général Martin Lukusa Cibangu Panu entend accompagner cette transformation à travers une politique axée sur la modernisation des infrastructures, le renouvellement progressif du matériel et l’amélioration des performances opérationnelles.

L’ambition affichée est de redonner au réseau ferroviaire sa place dans la chaîne logistique nationale et d’en faire un outil important de mobilité des personnes et des marchandises.

Un leadership de terrain et une vision pragmatique

Depuis son arrivée à la direction générale de l’ONATRA, Martin Lukusa a placé l’action de terrain au cœur de sa démarche.

Conscient que la relance du transport ferroviaire ne peut reposer uniquement sur des annonces, le directeur général met l’accent sur le suivi des infrastructures, la maintenance des équipements et la mobilisation des équipes opérationnelles.

Accompagné par le comité de gestion, il multiplie les visites de terrain, inspecte les installations et suit l’évolution des différents chantiers engagés par l’entreprise.

Cette approche repose sur une conviction : le chemin de fer peut jouer un rôle déterminant dans le transport massif des marchandises et des voyageurs, notamment sur les corridors où les infrastructures routières sont soumises à une forte pression.

La modernisation du réseau passe toutefois par plusieurs défis structurels : renouvellement du matériel roulant, entretien des voies, sécurisation des emprises ferroviaires, amélioration des équipements et renforcement des capacités techniques.

Sur chacun de ces fronts, la direction de l’ONATRA entend progressivement restaurer une culture de maintenance, de responsabilité et de performance.

Des caps importants dans la modernisation

L’année 2026 apparaît comme une période importante dans cette stratégie de relance.

Après plusieurs décennies marquées par un renouvellement limité du parc ferroviaire, l’ONATRA a franchi une nouvelle étape avec la réception d’une locomotive neuve. Cette acquisition s’inscrit dans une démarche visant à renforcer progressivement les capacités de traction de l’entreprise et à améliorer la disponibilité du matériel roulant.

Elle intervient alors que plusieurs projets de modernisation et de réhabilitation sont engagés ou envisagés sur différents axes exploités par l’ONATRA.

À Kinshasa, les travaux liés au réseau urbain et suburbain constituent notamment un enjeu important pour la mobilité des populations. Le tracé Kintambo-N’dolo figure parmi les infrastructures nécessitant une attention particulière afin de contribuer à l’amélioration de la desserte ferroviaire de la capitale.

Sur l’axe Kinshasa-Matadi, la maintenance des infrastructures et des équipements demeure également essentielle pour préserver la continuité de l’exploitation et renforcer la fiabilité du service.

Parallèlement, la question de la protection des emprises ferroviaires reste un défi majeur. Les occupations illégales et les constructions anarchiques le long des voies peuvent compromettre la sécurité des circulations et compliquer les opérations de maintenance.

La libération et la sécurisation de ces emprises constituent donc un volet important de la stratégie de modernisation.

Relever les défis d’un géant en mutation

La relance du réseau ferroviaire congolais reste néanmoins confrontée à d’importants obstacles.

Les incidents d’exploitation et les perturbations qui peuvent survenir sur certaines lignes rappellent la nécessité d’un programme permanent de maintenance et de sécurisation des infrastructures.

La modernisation du rail ne dépend d’ailleurs pas uniquement de l’ONATRA. Elle suppose également une implication des usagers, des riverains et des différentes autorités compétentes dans la protection du domaine ferroviaire.

Face à ces contraintes, la direction générale mise sur la sensibilisation, la coordination des équipes techniques et l’intervention rapide en cas de perturbation afin de limiter les interruptions de trafic et de renforcer la sécurité des parcours.

L’enjeu dépasse toutefois la seule remise en état du matériel.

L’ambition est de repositionner l’ONATRA comme un véritable acteur multimodal, capable d’assurer une complémentarité efficace entre le rail, la voie fluviale et les autres modes de transport.

Cette complémentarité est particulièrement stratégique pour un pays aux dimensions continentales comme la RDC, où l’acheminement des produits miniers, agricoles et manufacturés nécessite des chaînes logistiques intégrées reliant les zones de production aux centres de consommation et aux infrastructures portuaires.

Le rail au cœur du désenclavement national

La modernisation de l’ONATRA s’inscrit ainsi dans une problématique plus large : celle du désenclavement économique de la République démocratique du Congo.

Le développement d’un réseau ferroviaire fiable pourrait contribuer à réduire la pression exercée sur certaines infrastructures routières, faciliter la circulation des marchandises et améliorer la connexion entre plusieurs bassins économiques.

Pour l’ONATRA, le défi consiste désormais à transformer progressivement les investissements réalisés en une amélioration durable de la qualité du service.

Cela implique de disposer d’un matériel roulant adapté, de voies régulièrement entretenues, de personnels suffisamment formés et d’un système de maintenance capable d’anticiper les pannes plutôt que de se limiter aux interventions d’urgence.

Vers une nouvelle étape pour la mobilité congolaise

La transformation de l’ONATRA demeure un chantier de longue haleine. Les défis accumulés au fil des années ne peuvent être résolus en quelques mois.

Mais les initiatives engagées dans le renouvellement du matériel roulant, la réhabilitation des infrastructures et la sécurisation des emprises constituent des éléments importants de la stratégie de relance du transport ferroviaire.

Sous la direction de Martin Lukusa, l’ONATRA entend ainsi inscrire sa modernisation dans la durée et retrouver progressivement une place centrale dans le système de transport congolais.

Pour la RDC, l’enjeu dépasse le seul destin d’une entreprise publique. Il touche directement à la capacité du pays à connecter ses territoires, à fluidifier ses échanges et à accompagner le développement de ses différents bassins économiques.

Le défi sera désormais de transformer les chantiers engagés en résultats durables et mesurables. Car, dans un pays aussi vaste que la RDC, la modernisation du chemin de fer demeure indissociable de l’ambition de bâtir un réseau de transport capable de soutenir la croissance et le désenclavement national.

Mireille Apendi

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